Le volontariat, marchepied stratégique vers la professionnalisation

Dans le Var, le volontariat est bien plus qu’une initiation : c’est un tremplin, reconnu et valorisé, pour tous ceux qui rêvent de faire de la vocation de pompier leur métier. La question revient fréquemment dans les discussions et réunions d’information : doit-on avoir été pompier volontaire pour devenir professionnel ? Réponse courte : ce n’est pas une obligation légale, mais c’est fortement recommandé, et dans les faits, c’est la voie empruntée par la grande majorité des professionnels aujourd’hui.

Ce n’est pas un hasard : sur les quelque 256 900 sapeurs-pompiers français (chiffres 2022 – SDIS83 et Ministère de l’Intérieur), plus de 193 000 sont volontaires, soit 77 % des effectifs nationaux. Dans le Var, avec ses 90 centres d’incendie et de secours disséminés du littoral aux collines, cette proportion est encore plus marquée.

  • 1 889 pompiers volontaires (soit 77 % du total varois, chiffres SDIS83)
  • 561 pompiers professionnels
  • Près de 80 000 interventions annuelles, dont une large part assurée par des équipes mixtes (volontaires et professionnels ensemble)

Pourquoi tant de professionnels viennent-ils du volontariat ?

Le parcours du volontaire apporte une expérience du terrain insurpassable : interventions, astreintes, gestion des urgences, solidarité d’équipe, compréhension des réalités locales… Autant dire que pour un jury de concours ou une équipe RH, il s’agit d’un gage de sérieux, d’engagement et de maturité. Les centres de secours varois le vérifient : une forte majorité des agents professionnels embauchés avaient déjà un passé de volontaire.

  • Aptitudes techniques développées et évaluées en conditions réelles
  • Culture du feu, du secours, et du risque local : chaque territoire varois a ses particularités, mieux comprises sur le terrain en tant que volontaire
  • Meilleure réussite aux concours (source : Pompiers.fr)

Anecdote récurrente dans nos casernes : des jeunes tout juste majeurs, passés volontaire, qui enchaînent formation, gardes d’été sur la côte ou l’arrière-pays, intervention lors d’intempéries hivernales, puis s’investissent dans des spécialités (risque incendie forêt, secours nautique…) et, forts de cette expérience, réussissent le concours de sapeur professionnel du premier coup. Leurs responsables parlent d’« élèves du terrain », et soulignent que, face à la réalité du métier, avoir déjà vécu la pression d’une intervention ou la fatigue d’un départ nocturne compte autant qu’une préparation académique.

Modalités : comment devenir volontaire dans le Var ?

Le statut de sapeur-pompier volontaire est ouvert à partir de 16 ans (autorisation parentale requise jusqu’à 18 ans). La sélection comprend :

  • Un dossier de candidature (retrait possible via le site du SDIS 83)
  • Une visite médicale d’aptitude
  • Des épreuves sportives (test de Luc Léger, tractions, etc.)
  • Un entretien de motivation avec un jury composé de formateurs et de professionnels

La formation initiale, appelée F.I.V. (Formation Initiale Volontaire), s’étale sur plusieurs week-ends ou semaines, selon la disponibilité : incendie, sauvetage, secours à personne, et travaux pratiques sur le matériel. La charge de garde et d’astreinte est adaptée au rythme de la vie personnelle et professionnelle : c’est là l’un des atouts de ce statut.

Des compétences et un réseau précieux

Outre l’apprentissage technique, le pompier volontaire se forge de solides compétences humaines :

  • Gestion du stress, rapide prise de décision
  • Solidarité, esprit d’équipe
  • Contact avec la population, pédagogie lors des interventions

Les liens créés dans les casernes sont forts. Ce réseau, local et solidaire, facilite ensuite l’intégration comme professionnel, car il permet de mieux comprendre les attentes des responsables, les spécificités de chaque secteur (communale, urbaine, rurale ou littorale) et d’obtenir conseils et retours d’expérience.

Une étude de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF, rapport 2020) souligne que les anciens volontaires réussissent mieux aux concours internes (comme celui de caporal de sapeur-pompier professionnel), notamment grâce à leur familiarité avec le métier et à leur capacité à gérer des situations d’urgence.

Du volontariat au concours professionnel : le parcours détaillé

Rejoindre le rang des professionnels n’est pas automatique. Il faut passer par des concours organisés par les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS), avec des épreuves généralistes (culture générale, mathématiques, français) puis des tests sportifs et psychotechniques. Avoir été volontaire permet souvent de candidater via la voie interne (sous condition d’ancienneté : minimum 3 ans de volontariat à la date de fermeture des inscriptions au concours, selon le statut interministériel d’avril 2012).

  • Accès aux concours internes après 3 ans d’ancienneté en tant que volontaire
  • Possibilité de préparer le concours tout en restant en poste dans sa caserne d’origine, accompagné par le réseau de formateurs et de professionnels
  • Des dispenses partielles de certaines épreuves pratiques ont lieu si le candidat présente déjà des modules de formation réussis en tant que volontaire

Ce vivier permet chaque année, dans le Var, l’intégration de quelques dizaines de professionnels issus du volontariat. La compétition reste forte, car le nombre de postes ouverts est très inférieur au nombre de volontaires intéressés par une carrière. Mais le volontariat permet aussi de mûrir son projet, de découvrir le rythme réel du métier et de vérifier sa motivation avant d’en faire sa vie.

Du terrain aux témoignages : la réalité derrière les chiffres

Dans la pratique locale, une majorité d’officiers témoignent que leurs collègues professionnels étaient d’abord passés par le volontariat, parfois dès l’âge de 17 ou 18 ans. Les meilleurs souvenirs évoqués concernent l’apprentissage du travail d’équipe lors des feux d’été, la gestion d’une tempête ou encore la solidarité lors d’événements exceptionnels.

  • Plus de 95 % des lauréats du dernier concours professionnel dans le Var avaient été au moins 2 ans volontaires (source interne, Direction du SDIS83, 2023)
  • Volontariat = filière d’intégration privilégiée, tous grades confondus (agents, sous-officiers, officiers)
  • Les anciens volontaires embauchés évoquent leur capacité d’adaptation et leur connaissance du terrain comme un vrai “plus” dès le premier jour en professionnel

Certaines spécialités très recherchées (incendies de forêts, plongeurs, GRIMP, etc.) valorisent particulièrement le passé de volontaire, car l’expérience en conditions extrêmes est difficile à simuler lors de simples épreuves de sélection.

Quelques chiffres essentiels à retenir

Effectif (SDIS 83 – 2023) Nombre Part dans l’effectif total
Pompiers volontaires 1 889 77 %
Pompiers professionnels 561 23 %
Centres de secours 90 -
Interventions annuelles ~80 000 -

À noter : Le Var est l’un des départements de France les plus exposés au risque incendie de forêt, aux épisodes méditerranéens et aux interventions de secours à la personne (notamment sur la côte littorale en période estivale), soulignant le besoin continu de nouveaux volontaires et professionnels.

Questions fréquentes sur le passage du volontariat au métier

  • Peut-on cumuler formation professionnelle et volontariat ? Oui, de nombreux candidats préparent leur concours professionnel tout en restant volontaires.
  • Existe-t-il une limite d’âge ? Le volontariat est accessible jusqu’à 55 ans (38 ans pour la première candidature comme professionnel), mais la moyenne des admissions se situe entre 19 et 28 ans.
  • Les années de volontariat sont-elles valorisées comme expérience pro ? Oui, elles peuvent être prises en compte pour l’ancienneté et obtenir des dispenses lors de certaines formations pratiques.
  • Le passage par le volontariat est-il obligatoire dans le Var ? Non, mais très largement conseillé par tous les responsables et formateurs locaux.

Pour aller plus loin : conseils pratiques et orientation

  • Se rapprocher d’un centre de secours proche de chez soi dans le Var : les portes ouvertes ou forums sont l’occasion idéale pour poser vos questions.
  • Visiter le site officiel du SDIS 83 pour trouver les coordonnées, les dates d’entretien ou retirer un dossier.
  • Discuter avec des volontaires expérimentés pour recueillir leurs impressions, connaître les réalités du planning et des interventions locales.
  • S'informer auprès de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France qui publie de nombreux contenus sur le parcours pro/volontaire et les évolutions de carrière.

Oser le premier pas : le volontariat comme expérience décisive

Commencer comme pompier volontaire dans le Var n’est pas seulement une “répétition générale” avant une éventuelle titularisation professionnelle : c’est une expérience humaine forte, riche et formatrice, dans un département où l’engagement citoyen prend tout son sens face à la diversité des risques et des interventions. La passerelle vers le métier de professionnel, bien qu’ouverte à d’autres profils, reste largement empruntée par ceux qui ont déjà fait l’épreuve du feu – au propre comme au figuré.

Le volontariat, au-delà du CV, façonne une mentalité, un savoir-être et des réflexes qui seront précieux pour toute une vie. Pour celles et ceux qui envisagent d’endosser l’uniforme pour de bon, franchir d’abord la porte en tant que volontaire est une démarche conseillée, éprouvée, et, pour beaucoup, le début d’un engagement qui ne les quittera jamais.